Histoire et épistémologie des sciences de la Terre
sous la direction de Pierre Savaton
Série III, n°5
2018

Présentation
Ce volume est constitué de cinq articles dans le champ de l'histoire et de l'épistémologie des sciences de la Terre. Ces travaux pour la plupart issus de thèses récentes de doctorat, illustrent un champ de recherche encore peu développé dans le cadre universitaire français. Cette publication prolonge une session thématique du Congrès 2017 de la Société française d'histoire des sciences et des techniques.
 

Résumé des articles


PIERRE SAVATON - Introduction :  l'histoire et l'épistémologie des sciences de la Terre : un champ de recherche à cultiver  [Article pdf]

GUILLAUME COMPARATO - De la pierre à la presse : pratiques du voyage, de l’analyse et de l’écriture chez Barthélemy Faujas de Saint-Fond (1741-1819)  [Article pdf]

La pratique de l’histoire naturelle au tournant des Lumières est mue par une envie de découvrir le monde à travers ses propres yeux. Les sciences de la Terre sont portées par cet amour pour les ballades géologiques et les explorateurs naturalistes se plaisent à marcher dans le laboratoire à ciel ouvert qu’est la montagne. C’est le cas de Barthélemy Faujas de Saint-Fond (1741-1819), savant dauphinois originaire de Montélimar, protégé de Buffon et premier professeur de géologie en France. Il passe sa vie à parcourir les chemins de France et d’Europe avec pour objectif de justifier son travail de géologue et ses théories.

FRANCOISE DREYER - L’émergence de la notion de limite dans la géologie du XIXe siècle : d’une vision catastrophiste à un cadre transformiste  [Article pdf]

Au début du XIXe siècle, une discontinuité paléontologique majeure est établie entre terrains crétacés et tertiaires, évoquant une catastrophe. À cette époque, s’opposent deux conceptions de l’histoire de la vie sur Terre : l’une catastrophiste et l’autre uniformitarienne supposant des changements progressifs de faunes. La découverte de terrains intermédiaires pose tout d’abord la seule question de leur appartenance à l’une ou l’autre formation puis se dégage l’idée d’une limite à placer entre elles, idée à l’origine de vifs débats en absence de critères bien définis et acceptés par tous. En 1878, Edward Cope propose le critère extinction d’espèces pour définir une limite.

MARIE ITOIZ - Observer le monde minéral : analyse de la construction de pratiques autour de l’identification des roches et des minéraux au milieu du XIXe siècle  [Article pdf]

Le début du XIXe siècle est une période particulièrement riche en développement pour la minéralogie. L’étude des minéraux s’effectue par l’utilisation d’une multitude de caractères distinctifs, comme autant d’exemples des diverses pratiques mobilisées par les savants à cette époque. Le propos de cet article est d’aborder plus spécifiquement les usages qu’ont les savants du microscope pour étudier les roches et les minéraux et de questionner entre 1840 et 1860 la manière dont son usage combiné avec des sections fines de roche contribue à modifier son statut.

DELPHINE ACOLAT - Le Vésuve et la photographie au XIXe siècle, quel apport à l'histoire des sciences de la Terre ?  [Article pdf]

Le Vésuve, volcan très actif dans la seconde moitié du XIXe siècle, a attiré les photographes, notamment ceux dont les studios étaient installés à Naples. En 1872, le séquençage de l’éruption du Vésuve marque l’histoire de la photographie. Les photographes de l’époque transmettent la curiosité croissante pour les sciences de la Terre, dont l’Observatoire du Vésuve est la preuve, mais comment, avec les contraintes techniques de l’époque, réussir à saisir le déroulement d’une éruption ou la variété des matériaux volcaniques ? Aux traditionnelles descriptions de l’aspect catastrophique et destructeur de l’éruption, avec coulées et cratères, s’ajoute une volonté de poser comme un paradigme la terrible éruption de 79 et la lecture toute nouvelle de l’instantanéité de la mort à Pompéi, révélée par une avancée technique en archéologie : les moulages de Giuseppe Fiorelli.

MATHIAS ROGER - Des sciences de la Terre au service de l’atome ? Le rôle de Jean-Pierre Rothé, entrepreneur scientifique (1945-1976)  [Article pdf]

La période qui s’étend de la fin de la Seconde Guerre mondiale au milieu des années 1970 est celle qui a vu émerger et se développer en France les usages de l’atome à des fins tant civiles que militaires. Pour obtenir de la matière première, lors des essais atomiques dans le Sahara algérien et pour la construction des usines de production de plutonium et d’électricité, les organismes en charge du nucléaire ont été amenés à collaborer avec les universitaires des sciences de la Terre. Pour étudier la nature de cette collaboration, l’article utilise le modèle d’entrepreneur scientifique défini par Dominique Pestre et l’applique à un cas précis, celui de Jean-Pierre Rothé, géophysicien et directeur de l’Institut de physique du globe de Strasbourg entre 1942 et 1976.
 
Date de parution et publication en ligne : novembre 2018
ISSN 1297-9112 / ISBN 978-2-86939-248-6
Version papier disponible